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11/02/2010

contre la tour effeil 1887

 

Après divers pamphlets ou articles publiés tout au long de l'année 1886, les travaux avaient à peine commencé que paraît, le 14 février 1887, la protestation des Artistes.

 

Publiée dans le journal Le Temps, cette "Protestation contre la Tour de M. Eiffel" est adressée à M. Alphand, directeur des travaux de l'Exposition. Elle est signée de quelques grands noms du monde des lettres et des arts : Charles Gounod, Guy de Maupassant, Alexandre Dumas fils, François Coppée, Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, William Bouguereau, Ernest Meissonier, Victorien Sardou, Charles Garnier et d'autres que la postérité a moins favorisés.
D'autres pamphlétaires renchérissent sur cette violente diatribe, et les injures fusent : "ce lampadaire véritablement tragique" (Léon Bloy); "ce squelette de beffroi"(Paul Verlaine); "ce mât de fer aux durs agrès, inachevé, confus, difforme" (François Coppée); "cette haute et maigre pyramide d'échelles de fer, squelette disgracieux et géant, dont la base semble faite pour porter un formidable monument de Cyclopes, et qui avorte en un ridicule et mince profil de cheminée d'usine" (Maupassant); "un tuyau d'usine en construction, une carcasse qui attend d'être remplie par des pierres de taille ou des briques, ce grillage infundibuliforme, ce suppositoire criblé de trous" (Joris-Karl Huysmans). Les polémiques s'éteindront d'elles-mêmes à l'achèvement de la Tour, devant la présence incontestable de l'oeuvre achevée et face à l'immense succès populaire qu'elle rencontre. Elle reçoit deux millions de visiteurs pendant l'Exposition de 1889.

Exposition universelle
Exposition universelle

 


 

Extrait de la "Protestation contre la Tour de M. Eiffel", 1887.

 

Charles Gounod
Charles Gounod

"Nous venons, écrivains, peintres, sculpteurs, architectes, amateurs passionnés de la beauté jusqu'ici intacte de Paris, protester de toutes nos forces, de toute notre indignation, au nom du goût français méconnu, au nom de l'art et de l'histoire français menacés, contre l'érection, en plein coeur de notre capitale, de l'inutile et monstrueuse Tour Eiffel, que la malignité publique, souvent empreinte de bon sens et d'esprit de justice, a déjà baptisée du nom de tour de Babel. (...) La ville de Paris va-t-elle donc s'associer plus longtemps aux baroques, aux mercantiles imaginations d'un constructeur de machines, pour s'enlaidir irréparablement et se déshonorer ? (...).

Il suffit d'ailleurs, pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine, écrasant de sa masse barbare (...) tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant.
Et, pendant vingt ans, nous verrons s'allonger sur la ville entière, frémissante encore du génie de tant de siècles, nous verrons s'allonger comme une tache d'encre l'ombre odieuse de l'odieuse colonne de tôle boulonnée".

 


 

Charles Garnier
Charles Garnier
Leconte de Lisle
Leconte de Lisle
Alexande Dumas fils
Alexande Dumas fils

 


 

Eiffel répond à la protestation des artistes dans une interview accordée au Temps le 14 février 1887 qui résume bien sa doctrine artistique.

 

"Je crois, pour ma part, que la Tour aura sa beauté propre. Parce que nous sommes des ingénieurs, croit-on donc que la beauté ne nous préoccupe pas dans nos constructions et qu'en même temps que nous faisons solide et durable, nous ne nous efforçons pas de faire élégant? Est-ce que les véritables conditions de la force ne sont pas toujours conformes aux conditions secrètes de l'harmonie?(...) Or de quelle condition ai-je eu, avant tout, à tenir compte dans la Tour ? De la résistance au vent. Eh bien! je prétends que les courbes des quatre arêtes du monument, telles que le calcul les a fournies (...) donneront une grande impression de force et de beauté; car elles traduiront aux yeux la hardiesse de la conception dans son ensemble, de même que les nombreux vides ménagés dans les éléments mêmes de la construction accuseront fortement le constant souci de ne pas livrer inutilement aux violences des ouragans des surfaces dangereuses pour la stabilité de l'édifice. Il y a, du reste, dans le colossal une attraction, un charme propre, auxquels les théories d'art ordinaires ne sont guère applicables".

10/02/2010

Naufrage

1910
Naufrage du paquebot Général Chanzy

Le Général Chanzy est un paquebot transatlantique construit à Saint-Nazaire en 1891 et qui a coulé à Minorque dans l'archipel des Baléares, le 10 février 1910 alors qu'il effectuait la liaison entre Marseille et Alger.

Affrété par la Compagnie générale transatlantique, il avait quitté le port de Marseille le 9 février en début d'après-midi. Les mauvaises conditions météorologiques et la tempête qui sévissait dans les parages auraient fait manquer au capitaine Cayol le canal séparant les îles de Minorque et Majorque, pour l'envoyer se briser sur les rochers de la pointe Sala, vers 5 heures au matin du 10 février.
Le bilan est de 155 victimes.

[source alcide]

09/02/2010

triste fin

1942
Incendie à bord du "Normandie"


Réquisitionné par les Etats-Unis en 1941, le fleuron des paquebots français (construit en 1935) bat pavillon américain sous le nouveau nom de "La Fayette". Il subit des travaux de réaménagement en vue d'être transformé en navire de transport de troupes quand, à 14h30, le feu se déclenche à bord. L'imprudence d'un soudeur serait à l'origine de l'incendie. Le "Normandie" brûle et chavire dans le port de New-York. Les frais de remise en état seront jugés trop importants par la gouvernement américain qui vendra le paquebot légendaire pour la démolition en octobre 1946.




Le feu éclate et se répand


Pendant 5 ans, le paquebot gît dans le port de New-York


Il est vendu pour la ferraille